- Il n’existe aucun droit au découvert : la banque peut refuser, et un découvert, même autorisé, est un crédit payant.
- Agios = montant × nombre de jours × TAEG / 365. Exemple de Service-public : 950 € pendant 15 jours à 18 % de TAEG, soit environ 7,03 €.
- Un découvert ne peut pas dépasser 3 mois consécutifs : au-delà, la banque doit proposer un crédit à la consommation.
- Seuils d’usure applicables depuis le 1er octobre 2026 : 23,60 %, 15,76 % ou 8,56 % pour les crédits de trésorerie aux ménages selon le montant, 19,08 % pour les découverts des professionnels.
- Au 20 novembre 2026, l’évaluation de solvabilité s’étend aux découverts de moins de 200 € ou de moins d’un mois, pour les autorisations accordées à partir de cette date.
Découvert autorisé, tolérance et dépassement : de quoi parle-t-on ?
Le mot « découvert » recouvre trois situations que la banque traite très différemment, et les confondre coûte cher.
- Le découvert autorisé est prévu par votre convention de compte ou par un accord ponctuel. Son montant, sa durée et ses conditions de remboursement sont écrits. Le montant autorisé doit figurer sur votre relevé mensuel.
- Le découvert toléré est un dépassement que la banque accepte au cas par cas, sans engagement, souvent de courte durée et de faible montant. Il n’est pas automatique.
- Le dépassement du découvert autorisé, ou le découvert sans aucune autorisation, entraîne un taux plus élevé et des frais supplémentaires, dont la commission d’intervention.
La Banque de France le rappelle sans détour : un découvert, même autorisé, reste un crédit et n’est pas gratuit. Service-public ajoute qu’il n’existe pas de droit au découvert bancaire : la banque peut refuser, et peut accorder un petit découvert exceptionnel sans accord préalable. Le reste de ce guide suit le chemin de l’argent : combien cela coûte, ce que la loi plafonne, ce qui change au 20 novembre 2026.
Pour replacer le découvert dans l’ensemble des frais d’un compte, le guide sur les frais bancaires montre où il pèse, et le simulateur de frais bancaires permet de comparer des comptes.
Comment se calculent les agios, et que veut dire TAEG ?
Les agios sont les intérêts que vous payez sur la somme dont vous disposez en trop. Ils dépendent de trois éléments : le montant utilisé, le nombre de jours pendant lesquels le compte est à découvert, et le taux annuel appliqué. La formule publiée par Service-public est simple : montant × nombre de jours × TAEG / 365.
Le TAEG, taux annuel effectif global, additionne les intérêts et les frais obligatoires du crédit, ce qui permet de comparer plusieurs offres sur une base unique. Il doit figurer sur vos relevés mensuels, et la somme des agios de l’année apparaît dans le récapitulatif de janvier. Service-public précise que la plupart des banques facturent un minimum forfaitaire, et que les agios proportionnels s’appliquent dès que le découvert atteint 400 €. Ce seuil et ce forfait relèvent de la brochure de chaque banque : lisez la vôtre.
| Situation | Montant à découvert | Durée | TAEG | Agios |
|---|---|---|---|---|
| Exemple de Service-public | 950 € | 15 jours | 18 % | 950 × 15 × 0,18 / 365 ≈ 7,03 € |
| Petit découvert récurrent | 300 € | 10 jours par mois, 12 mois | 17 % | 300 × 120 × 0,17 / 365 ≈ 16,77 € |
| Découvert installé | 1 000 € | 30 jours | 17 % | 1 000 × 30 × 0,17 / 365 ≈ 13,97 € |
| Dépassement non autorisé | 500 € | 10 jours | 20 % | 500 × 10 × 0,20 / 365 ≈ 2,74 € (hors commissions et frais) |
Les taux de la ligne 2 à 4 sont des exemples de calcul que j’ai choisis pour illustrer, pas des taux de banques. Ce qui frappe dans ce tableau, c’est que les agios eux-mêmes restent modestes pour un découvert court. C’est autour du découvert que le coût se construit : forfaits minimaux, commissions d’intervention, frais de rejet. Le simulateur plus bas additionne tout cela.
Taux d’usure : quel plafond protège un client à découvert ?
Le taux d’usure est le taux maximal que le prêteur peut pratiquer. La Banque de France le publie chaque trimestre : c’est le taux effectif moyen pratiqué au trimestre précédent pour une catégorie de crédit, majoré d’un tiers (article L. 314-6 du code de la consommation). Un crédit dont le TEG dépasse ce seuil est un prêt usuraire. Le TEG inclut les frais obligatoires, notamment les frais de dossier et certains frais de tenue de compte ou de moyen de paiement nécessaires pour obtenir le crédit.
Voici les seuils en vigueur depuis le 1er octobre 2026, relevés dans le tableau publié par la Banque de France à partir de l’avis du 25 septembre 2026.
| Catégorie | Taux effectif moyen (3e trimestre 2026) | Seuil d’usure au 1er octobre 2026 |
|---|---|---|
| Crédits de trésorerie aux ménages, jusqu’à 3 000 € | 17,70 % | 23,60 % |
| Crédits de trésorerie aux ménages, de 3 000 € à 6 000 € | 11,82 % | 15,76 % |
| Crédits de trésorerie aux ménages, plus de 6 000 € | 6,42 % | 8,56 % |
| Découverts en compte (professionnels et personnes morales) | 14,31 % | 19,08 % |
Il y a une subtilité que je préfère signaler plutôt que d’y répondre trop vite. Le tableau de la Banque de France ne comporte pas de ligne « découverts » pour les particuliers : la ligne « découverts en compte » à 19,08 % figure dans les catégories professionnelles. Les crédits de trésorerie aux ménages sont, eux, classés par tranche de montant. Je n’ai pas trouvé, dans les sources officielles que j’ai consultées, de confirmation explicite de la ligne qui s’applique à un découvert consenti à un particulier. Je ne tranche donc pas : si le TAEG de votre découvert vous paraît élevé, comparez-le aux seuils ci-dessus et demandez à votre banque de préciser la catégorie retenue.
Le seuil d’usure est révisé chaque trimestre : celui du 1er octobre 2026 s’applique jusqu’au 31 décembre 2026. Il a légèrement monté pour les découverts professionnels, de 19,00 % au 1er juillet à 19,08 %. Reprenez le chiffre sur la page de la Banque de France avant toute démarche, il change à chaque trimestre.
Combien de temps peut-on rester à découvert ?
Un découvert autorisé ne peut pas dépasser trois mois consécutifs. Au-delà, la banque doit vous proposer un crédit à la consommation adapté, ou vous demander de rembourser immédiatement. Service-public indique que l’offre est valable 15 jours, avec 14 jours calendaires de rétractation, tandis que la Banque de France parle d’une offre valable 30 jours. Ces deux durées diffèrent selon les pages, et je ne tranche pas : le délai figure dans l’offre que vous recevez, c’est lui qui compte.
Pour un dépassement non autorisé, les étapes sont progressives. Au-delà d’un mois de dépassement significatif, le prêteur doit vous informer sans délai, par écrit, du montant, du taux et des frais. Au-delà de trois mois, il doit proposer un autre type de crédit. À défaut, selon ABE Info Service, la banque perd le droit de vous réclamer les frais et intérêts liés au découvert non autorisé, mais elle peut toujours exiger le remboursement de la dette. Ces règles sont des protections : si vous n’avez reçu aucune information écrite après un mois ou aucune offre après trois mois, signalez-le par écrit.
Dépassement : que coûtent la commission d’intervention et les frais ?
Dépasser le découvert autorisé déclenche un taux plus élevé, des frais de rejet éventuels et la commission d’intervention. Ces frais d’incident sont plafonnés : 8 € par opération et 80 € par mois pour la commission d’intervention, 4 € et 20 € pour un client en offre clientèle fragile, 20 € au plus par rejet de prélèvement, et 25 € par mois pour l’ensemble des frais d’incident d’un client détecté fragile. Le détail et les critères de fragilité figurent dans le guide frais bancaires.
La banque doit aussi vous prévenir, gratuitement, au moins 14 jours avant de prélever des frais d’incident. Les agios, eux, ne sont jamais compris dans ces plafonds : un découvert prolongé continue de coûter des intérêts, même quand les frais d’incident sont plafonnés.
Si votre banque facture une commission d’intervention alors que votre compte n’a pas dépassé le découvert autorisé, ce n’est pas normal : la DGCCRF a relevé des commissions facturées sans irrégularité de fonctionnement. Demandez le détail de l’opération par écrit, et reportez-vous au guide contester un prélèvement ou un paiement pour la démarche de réclamation.
Ce qui change au 20 novembre 2026
Une réforme transpose en droit français la directive européenne du 18 octobre 2023 sur le crédit à la consommation, par l’ordonnance du 3 septembre 2025. Service-public en résume les effets pour le découvert, applicables à partir du 20 novembre 2026.
- Évaluation de solvabilité étendue. La banque devra évaluer la solvabilité même pour les découverts de moins de 200 € et/ou d’une durée inférieure à un mois. Jusqu’ici, cette obligation concernait les découverts de 200 € ou plus et/ou de plus d’un mois.
- Évaluation proportionnée. Son niveau dépendra du montant et de la durée du découvert, sur la base des revenus ou autres ressources, des actifs et passifs financiers et des charges.
- Fichier FICP facultatif pour les petits découverts. La consultation du fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers ne sera pas obligatoire pour les découverts de moins de 200 € et/ou de moins d’un mois.
- Information précontractuelle claire, notamment sur le coût total des frais et le TAEG.
Deux nuances importantes. Les autorisations accordées avant le 20 novembre 2026 ne sont pas concernées. Et des décrets et arrêtés doivent encore préciser les modalités d’application : la page de Service-public le signale, et je préfère ne pas écrire plus que ce qui est établi. Ce que vous pouvez retenir, c’est la direction : davantage d’analyse avant de vous accorder un petit découvert, et une information plus claire sur son coût.
Comment éviter le dépassement ou limiter le découvert ?
Le meilleur découvert reste celui que l’on n’utilise pas. Voici l’ordre dans lequel je ferais les choses.
- Demander une carte à autorisation systématique si les dépassements sont accidentels : chaque achat est vérifié à l’instant contre le solde, et le paiement est refusé plutôt que d’aggraver le découvert. Elle est notamment proposée dans le cadre du droit au compte et aux clients en fragilité financière.
- Ramener le découvert autorisé à un niveau raisonnable, voire à zéro. Vous pouvez demander à tout moment l’augmentation ou la diminution du découvert, et y mettre fin, en général par courrier. Pour un découvert à durée indéterminée, la banque doit vous donner au moins deux mois de préavis par recommandé avant d’y mettre fin, sauf motif légitime.
- Activer les alertes de solde, pour agir avant le passage en négatif.
- Caler les prélèvements sur le versement du salaire quand c’est possible, en évitant le creux de début de mois (voir domicilier ses revenus).
- Remplacer un découvert permanent par une solution adaptée : une épargne de précaution, même modeste, sur un livret (voir livrets réglementés) coûte beaucoup moins qu’un découvert installé.
À propos des crédits renouvelables, que la Banque de France classe parmi les cartes de crédit : ils permettent de payer comptant ou à crédit, avec des intérêts, et peuvent donner une impression de confort. Leur coût relève des seuils d’usure des crédits de trésorerie, par tranche de montant, et il est souvent supérieur à celui d’un découvert autorisé bien négocié. Ce n’est pas une solution à un découvert récurrent, c’est une dette de plus à rembourser.
Facilité de caisse, découvert, crédit : comment je choisis selon la durée
ABE Info Service distingue plusieurs régimes selon la durée du besoin, et cette grille est plus utile qu’un débat sur le taux. Jusqu’à un mois, on parle de facilité de caisse : elle suppose l’accord préalable de la banque et un remboursement sous un mois au maximum. Entre un et trois mois, le prêteur doit vous fournir par écrit les informations nécessaires pour comprendre l’engagement. Au-delà de trois mois, la banque doit proposer un crédit à la consommation amortissable, faute de quoi elle perd le droit de réclamer les frais et intérêts du découvert non autorisé, tout en pouvant exiger le remboursement immédiat.
| Durée du besoin | Solution qui a du sens | Ce que je vérifie avant |
|---|---|---|
| Quelques jours, avant le salaire | Découvert autorisé ou facilité de caisse | Le forfait minimum et le seuil à partir duquel les agios se calculent |
| Un à trois mois | Découvert avec information écrite, ou petit crédit si le besoin se prolonge | Le TAEG de chaque option, et la date limite de remboursement |
| Plus de trois mois | Crédit amortissable proposé par la banque, ou réaménagement du budget | Le coût total du crédit comparé aux seuils d’usure |
| Besoin récurrent chaque mois | Réserve d’épargne, révision des dates de prélèvement, échange avec un conseiller | Les causes du déficit, pas seulement son financement |
Le principe que je retiens : le découvert sert à absorber un décalage de trésorerie, pas un déficit. Quand il devient permanent, il ne règle rien, il le prolonge à un tarif élevé. ABE Info Service conseille de contacter son conseiller dès les premières difficultés, et prévient qu’un découvert qui perdure peut conduire à une inscription dans les fichiers de la Banque de France. Cela fait de la discussion précoce avec la banque la mesure la moins coûteuse de toutes.
Calculateur : combien coûte votre découvert ?
Saisissez le montant moyen utilisé dans votre découvert autorisé, la durée, le taux (TAEG) indiqué dans la convention, et, si vous dépassez, le montant du dépassement et son taux. L’outil applique les plafonds légaux de la commission d’intervention.
Calculer le coût d’un découvert
Calcul indicatif avec la formule de Service-public : montant × jours × taux / 365, plus les commissions plafonnées.
Calcul indicatif. Le mode de facturation exact (trimestriel, forfait minimal, seuil de 400 € pour les agios proportionnels) dépend de la brochure de votre banque, qui seule fait foi.
Un exemple chiffré, et ce qu’il enseigne
Par défaut, l’outil reprend l’exemple de Service-public : 950 € pendant 15 jours à 18 %. Il donne environ 7,03 €, ce qui est cohérent avec la page officielle. Variez ensuite un seul paramètre à la fois pour voir ce qui pèse vraiment.
- Même découvert, mais pendant 30 jours : environ 14,05 €, car les agios sont proportionnels à la durée.
- Même cas avec un dépassement de 500 € pendant 10 jours à 20 %, et deux commissions d’intervention à 8 € dans le mois : le coût passe à environ 25,8 €, dont 16 € de commissions et seulement 2,74 € d’intérêts sur le dépassement.
- Le même mois pour un client en offre clientèle fragile, avec deux commissions à 4 € : 8 € de commissions au lieu de 16 €.
La leçon que j’en tire est contre-intuitive : le taux d’intérêt n’est pas toujours le poste principal. Sur un petit découvert, ce sont les commissions et les frais forfaitaires qui font la facture. D’où l’intérêt de comparer le tarif des incidents d’une banque avant de comparer son TAEG. Et quand vous évaluez un compte, une banque en ligne, une néobanque ou une banque de réseau peuvent avoir des politiques très différentes sur le découvert : regardez la brochure plutôt que la catégorie. Pour la comparaison par type d’établissement, voir banque en ligne ou traditionnelle.
Erreurs fréquentes sur le découvert
- Croire que le découvert autorisé est gratuit. Il est facturé en agios, avec parfois un forfait minimum.
- Confondre taux nominal et TAEG. Le TAEG inclut les frais obligatoires et sert à comparer.
- Laisser un découvert s’installer au-delà de trois mois. La banque doit alors proposer un crédit à la consommation, plus structuré mais souvent plus long à rembourser.
- Penser que les plafonds de frais d’incident couvrent les agios. Ils ne les couvrent pas.
- Ignorer l’information écrite de la banque. Au-delà d’un mois de dépassement, elle doit vous écrire, et c’est une garantie à vérifier.
- Attendre le 20 novembre 2026 pour tout changer. La réforme ne touche pas les autorisations antérieures et n’annule pas les règles actuelles.
Sources officielles
- Service-public.gouv.fr : autorisation de découvert bancaire
- Service-public.gouv.fr : autorisation de découvert, les règles vont évoluer en 2026
- Banque de France : être à découvert
- Banque de France : taux d’usure, 4e trimestre 2026
- Banque de France : le plafonnement des frais bancaires et l’offre clientèle fragile
- ABE Info Service : découvert bancaire
- Légifrance : avis du 25 septembre 2026 relatif à l’usure