Un représentant légal peut ouvrir un compte pour un enfant dès la naissance, sans qu’il soit utilisable par lui avant 12 ans. De 12 à 16 ans : livret jeune, carte limitée, retraits avec accord du parent. À partir de 16 ans et avec l’accord des parents, carte et chéquier sont courants. Les parents restent responsables des dettes du mineur. La banque n’est jamais obligée d’ouvrir un compte à un mineur. Règles vérifiées le 9 octobre 2026 sur service-public.gouv.fr et banque-france.fr.
Un mineur peut-il avoir un compte, et qui l’ouvre ?
Oui. D’après la fiche de service-public.gouv.fr vérifiée le 17 novembre 2025, un parent peut demander l’ouverture d’un compte bancaire, d’un Livret A ou d’autres produits d’épargne au nom de son enfant dès la naissance. L’enfant n’a pas à donner son accord à ce stade. En revanche, il ne peut pas utiliser le compte avant 12 ans.
La Banque de France ajoute une précision qui compte : la banque n’est pas obligée d’accepter. Pour un premier compte, elle demande en général qu’un des parents procède à l’ouverture. Pour un second compte, l’intervention des deux parents est attendue. Pièces habituelles : pièce d’identité de l’enfant et du parent, justificatif des pouvoirs du représentant légal, justificatif de domicile. En cas de refus, le mineur peut éventuellement bénéficier du droit au compte, que détaille le guide sur le droit au compte.
L’ouverture en ligne est possible pour un parent, dans les banques qui proposent une offre pour les mineurs. Je n’ai pas listé ces offres ici (les fiches établissements arrivent séparément) : pour comparer, le comparatif banque jeune est le bon point de départ. Pour la mécanique générale d’une ouverture à distance, voyez le guide ouvrir un compte en ligne.
Que peut faire l’enfant à chaque âge ?
Les droits suivent trois paliers : la naissance, 12 ans, 16 ans. Voici le tableau tel qu’il ressort des pages officielles que j’ai relues.
| Âge | Ce que permet la règle | Rôle du parent |
|---|---|---|
| De 0 à 11 ans | Compte ou Livret A ouvert au nom de l’enfant ; l’enfant ne l’utilise pas | Gère les fonds, uniquement pour des dépenses qui profitent à l’enfant |
| 12 à 15 ans | Utilisation du compte et du Livret A ; livret jeune sur demande de l’enfant avec accord du parent ; carte souvent proposée (12 ou 14 ans selon les banques) | Signature requise pour les retraits sur le livret jeune ; plafonds de carte souvent paramétrables |
| 16 et 17 ans | Compte avec carte et chéquier dans la plupart des banques ; retrait seul du Livret A et du livret jeune | Autorisation à l’ouverture ; opposition possible sur les livrets |
| 18 ans et plus | Pleine capacité sur le compte | Plus de représentation ; le parent n’a plus à rendre de comptes sur la gestion future |
Retenez la nuance sur 16 ans : ce n’est pas un droit automatique, mais la pratique de la plupart des banques avec l’autorisation du parent, comme l’écrit service-public.gouv.fr. Et un parent peut s’opposer aux retraits de l’enfant sur les livrets, même à partir de 16 ans.
Faut-il l’accord des deux parents ?
C’est un point où la pratique a bougé récemment. Quand les deux parents exercent l’autorité parentale, un seul peut accomplir seul les actes courants d’administration : l’autre est présumé d’accord. Mais les actes de disposition exigent l’accord des deux. Dans un arrêt du 12 juin 2025 (pourvoi n° 24-13.604), la Cour de cassation a jugé que modifier un compte ou un livret ouvert au nom d’un mineur est un acte de disposition, et que la banque avait donc commis une faute en ne cherchant pas l’accord du second parent. Service-public.gouv.fr relaie cette décision.
En pratique, ouvrir un premier compte relève plutôt de l’administration, alors que changer le fonctionnement d’un compte existant, transférer des fonds ou le clôturer demande souvent les deux signatures. La Banque de France le dit simplement : pour un second compte, ce sont les deux parents qui interviennent, et pour la clôture à l’initiative du client, l’accord des deux est généralement requis. Si vous êtes séparés, mieux vaut parler à la banque avant de bouger les fonds.
Quelle carte pour un ado : à autorisation systématique et plafonds paramétrables ?
La Banque de France décrit la carte de l’enfant ainsi : proposée souvent dès 12 ou 14 ans, c’est généralement une carte à autorisation systématique, qui ne peut pas rendre le compte débiteur, à débit immédiat, avec des plafonds de paiement et de retrait limités que les parents peuvent personnaliser. C’est ce que beaucoup de banques présentent comme un contrôle parental.
Concrètement, ce qui m’intéresse quand j’évalue une offre pour un ado, c’est moins le nom commercial que ces cinq critères :
- le paiement est-il refusé quand le solde est insuffisant (autorisation systématique) ;
- les plafonds de retrait et de paiement sont-ils modifiables par le parent, depuis l’application ;
- le parent reçoit-il une notification pour chaque achat ou voit-il l’historique ;
- l’enfant peut-il bloquer sa carte seul, en cas de perte (voir carte perdue ou volée) ;
- les paiements en ligne sont-ils permis, avec quelle authentification.
Pour les types de cartes et leurs plafonds, le guide sur les cartes bancaires et celui sur les plafonds de carte expliquent les niveaux courants. Les services proposés varient d’une offre à l’autre : je ne les prétends pas identiques.
Découvert, chèques, virements : quelles limites ?
Le découvert dépend de la convention de compte, et la Banque de France note que la plupart des banques n’en accordent pas aux mineurs. S’il est accordé, les parents doivent s’engager à rembourser le solde débiteur. Pour les chèques et les virements, certaines conventions autorisent un mineur de 16 ans, avec l’accord du parent, à effectuer seul des virements ou à obtenir des formules de chèque à titre exceptionnel, pour des dépenses courantes qui n’entament pas son capital.
Un mineur ne peut pas donner procuration seul. Le mineur émancipé, lui, est traité comme un majeur capable et gère son compte seul. Si votre ado approche d’une situation particulière (apprentissage, petit job), sachez qu’un compte à son nom reste le moyen le plus propre de faire verser son salaire ou sa rémunération.
Livret A, livret jeune : quelles épargnes pour un enfant ?
Pour l’épargne, trois produits reviennent. Le Livret A s’ouvre dès la naissance via le représentant légal ; un mineur peut aussi en ouvrir un seul, mais il ne peut pas retirer avant 16 ans et les retraits nécessitent l’accord du représentant, qui peut s’y opposer par lettre recommandée même après 16 ans. Le livret jeune s’adresse aux 12 à 25 ans résidant en France : un seul livret par personne, versements plafonnés à 1 600 €, taux fixé librement par la banque mais jamais inférieur à celui du Livret A (1,7 % depuis le 1er août 2026), intérêts exonérés. Le livret est clôturé l’année des 25 ans du titulaire. Le détail des plafonds est dans le guide sur les livrets réglementés.
Le LDDS, lui, est fermé à toute personne encore rattachée au foyer fiscal de ses parents : un enfant rattaché ne peut pas en détenir un, selon service-public.gouv.fr. Autre point : sur un livret d’épargne bancaire ou un PEL, l’enfant ne pourra agir qu’à 18 ans.
Un exemple chiffré pour fixer les idées, présenté comme tel : un livret jeune rempli à son plafond de 1 600 € et rémunéré au taux plancher de 1,7 % rapporte au maximum 27,20 € d’intérêts sur un an (1 600 × 1,7 %). C’est peu, mais c’est exonéré d’impôt, et l’intérêt pédagogique est ailleurs : apprendre à épargner, décider de ses versements, voir ses intérêts tomber le 31 décembre.
Que se passe-t-il à 18 ans, et jusqu’à 25 ans ?
À la majorité, l’enfant gagne la pleine capacité sur son compte, et ses parents n’ont plus à le représenter. La Banque de France ne détaille pas le sort des comptes à la majorité, donc je m’en tiens à ce que dit le droit général : le titulaire majeur peut décider seul de l’utilisation de ses fonds.
Sur la question de la gratuité entre 18 et 25 ans, je préfère être prudent. Dans les pages officielles que j’ai relues, je n’ai trouvé aucune règle générale imposant à une banque de proposer un compte gratuit aux jeunes adultes. Ce que l’on rencontre, ce sont des offres commerciales destinées aux 18 à 25 ans, avec des conditions et une durée propres à chaque établissement. Avant de signer, je vous conseille de lire la brochure tarifaire, notamment : la durée de l’avantage, ce qui se passe quand il prend fin (le tarif revient-il à la normale), les conditions de revenus ou de domiciliation, et le coût de la carte. Le comparatif banque jeune et le simulateur de frais bancaires vous aident à chiffrer.
Comment alimenter le compte d’un ado : argent de poche, job d’été, cadeaux ?
Trois flux alimentent en général un compte de mineur. L’argent de poche, versé par virement permanent depuis le compte du parent : c’est la formule la plus propre, parce qu’elle laisse une trace et une régularité que l’enfant apprend à gérer. Les cadeaux de la famille, qui arrivent par virement ou par dépôt. Et, à partir de l’âge où la loi l’autorise à travailler, la rémunération d’un job d’été ou d’un apprentissage, qui est versée sur un compte à son nom.
Pour ce dernier cas, deux précisions de bon sens. D’abord, l’employeur demande un IBAN au nom de l’enfant : il faut donc que le compte existe avant la première paie. Dans tous les cas, je vous conseille de vérifier que la banque accepte les virements entrants de tiers sans frais, point que la brochure tarifaire indique.
Si les virements instantanés vous intéressent pour dépanner votre enfant en urgence, le guide sur le virement instantané explique ce qu’ils changent, et ce que les règles de vérification du bénéficiaire en vigueur depuis octobre 2025 apportent comme protection contre les erreurs de destinataire.
Comment protéger un ado des arnaques et des mauvaises surprises ?
Un adolescent est une cible naturelle pour le hameçonnage : faux SMS de livraison, faux messages de la banque, fausses offres de « job rapide » qui demandent de prêter son compte. Je donne trois réflexes à transmettre, sans prétendre à une protection absolue. Premier réflexe : ne jamais communiquer un code reçu par SMS ou dans l’application, à personne, y compris à quelqu’un qui se présente comme la banque. Deuxième réflexe : prévenir un parent dès qu’un message demande d’agir vite. Troisième réflexe : bloquer la carte depuis l’application au moindre doute, le temps de vérifier.
Côté parent, regardez ce que l’application permet : alerte à chaque paiement, gel de la carte, plafonds réglables. Pour comprendre les mécanismes de protection (authentification forte, opposition, remboursement), lisez le guide sécurité en banque en ligne, et pour le cas d’un paiement que l’enfant ne reconnaît pas, celui sur la contestation d’un paiement ou d’un prélèvement.
À quoi ressemble l’ouverture à distance pour un mineur ?
Je décris ici la logique générale, sans prétendre qu’elle est identique partout. Le parent (ou les deux) crée sa propre identité numérique chez la banque, puis ajoute l’enfant : état civil, justificatif du lien de filiation ou des pouvoirs du représentant légal, parfois la pièce d’identité de l’enfant. La banque vérifie ensuite l’identité du parent, éventuellement avec un prestataire certifié, et peut demander un premier virement depuis un compte au nom du parent, comme pour tout compte ouvert à distance selon service-public.gouv.fr.
Ce que je regarde avant de valider : la banque me demande-t-elle de produire le livret de famille ou un équivalent ; l’enfant a-t-il un accès à son propre espace (utile à partir de 12 ans) ; la carte est-elle envoyée au parent ou à l’enfant ; que se passe-t-il à la majorité pour l’accès. Ce sont des questions pratiques que la convention de compte ou la foire aux questions de la banque doit trancher. Si une réponse manque, c’est un signal.
Un exemple concret : de 12 à 18 ans
Prenons une adolescente fictive, Inès. À 12 ans, ses parents lui ouvrent un compte avec une carte à autorisation systématique et un plafond de retrait de 30 € par semaine, réglé par la mère dans l’application. À 14 ans, elle reçoit 40 € par mois d’argent de poche, versés par virement. À 15 ans, elle ouvre un livret jeune : elle y place 10 € par mois, soit 120 € dans l’année. À 16 ans, avec l’autorisation de ses parents, elle obtient une carte classique et peut retirer seule sur son livret. À 18 ans, elle récupère la pleine gestion de son compte. Tout au long de ce parcours, ses parents sont restés responsables de ses dettes jusqu’à sa majorité.
Cet exemple est fictif et simplifié : les âges d’accès à certaines fonctions varient d’une banque à l’autre, d’où l’intérêt de lire la convention de compte avant d’ouvrir.
Comment choisir une banque pour un ado ?
Je raisonne en quatre critères, dans cet ordre. Premier critère, le contrôle parental réel : plafonds réglables, notifications, blocage de la carte. Deuxième critère, la clarté tarifaire : le coût de la carte et des opérations doit tenir en une phrase, pas en trois pages. Troisième critère, le parcours à la majorité : le compte continue-t-il sans rupture. Quatrième critère, la sécurité : ce qui protège l’enfant contre l’arnaque (lire la sécurité en banque en ligne) compte autant que le design de l’application.
La garantie des dépôts s’applique aussi aux comptes des enfants : 100 000 € par déposant et par établissement, et les dépôts de l’enfant s’ajoutent à ses éventuels autres comptes dans la même banque. Le guide sur la garantie des dépôts explique le calcul.
Erreurs fréquentes avec un compte de mineur
- Penser que la banque doit ouvrir le compte. Elle peut refuser ; le droit au compte reste une voie de recours.
- Utiliser l’argent de l’enfant pour ses propres dépenses. Le parent ne peut utiliser les fonds que pour des dépenses qui profitent directement à l’enfant.
- Ignorer l’accord du second parent pour modifier ou clôturer le compte.
- Croire que 16 ans suffisent pour tout. Une opposition des parents reste possible sur les livrets.
- Oublier de demander quoi faire à la majorité : conversion automatique, nouvelle carte, changement de tarification.
- Tout miser sur la carte « ado » sans lire les plafonds : certains plafonds par défaut sont plus élevés qu’on ne le pense.
Les règles de ce guide sont datées du 9 octobre 2026. Ma méthode de vérification est décrite sur la page méthodologie.
Sources officielles
- Service-public.gouv.fr : Un mineur peut-il avoir un compte bancaire ? (vérifié le 17 novembre 2025)
- Banque de France : compte bancaire individuel de l’enfant mineur
- Service-public.gouv.fr : accord des parents pour le compte d’un mineur (Cour de cassation, 12 juin 2025)
- Service-public.gouv.fr : Livret jeune (vérifié le 1er août 2026)
- Service-public.gouv.fr : Livret A
- Service-public.gouv.fr : LDDS
- Service-public.gouv.fr : Compte bancaire individuel